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Macron's letter

Macron’s “Letter to the French”: side-by-side original and translation

Following weeks of protests by the ‘Gilets Jaunes’ movement, the French government has launched a ‘Great Debate’ meant to deliver solutions to the country’s most pressing problems. To kick off the debate, President Emmanuel Macron wrote an open letter to the French today.

This is an interesting text to study (irrespective of your political opinions on the matter), so we’ve put the original letter and its Euronews translation side by side below, with a handy audio button.


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Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas, et n’ai pas le droit d’accepter la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas et n’ai pas le droit d’accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !
Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain.

Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de nombreux retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre.

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.
Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique. L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures.

C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les Ă©conomies qui vous semblent prioritaires Ă  faire ?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée.

Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques. Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? A quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l’Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ?

Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le devoir de l’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration.

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.
Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance,

Emmanuel MACRON

Dear Frenchmen, Frenchwomen and compatriots,

In a period of doubt and reflection like the one we are witnessing today, we must remember who we are.

France is a country unlike any other.

The feeling of injustice is more alive than elsewhere. The demand for help and solidarity stronger.

In our country, those who work pay for retirees’ pensions. In our country, a large number of citizens pay an income tax, sometimes burdensome, which reduces inequalities. In our country, education, health, security, justice are accessible to all regardless of their circumstances or wealth. The hazards of life, such as unemployment, can be overcome, thanks to this effort shared by all.

That is why France is, of all nations, one of the most fraternal and the most egalitarian.

It is also one of the freest, since everyone is protected in his rights and in his freedom of opinion, conscience, belief or philosophy.

And every citizen has the right to choose those who will represent him in the running of the country, in the design of laws, in taking major decisions.

Everyone shares the fortunes of others and everyone is called to decide the common destiny: the French nation is all that.

How can anyone not feel proud to be French?

I know, of course, that some of us today are dissatisfied or angry. Because taxes are too high for them, public services too distant; because wages are too low for some to be able to enjoy with dignity the wages of their work; because of the fact that our country does not offer equal chances of success to families from all backgrounds and areas. Everyone would like a more prosperous country and a fairer society.

I share this impatience. The society we want is a society in which to succeed one doesn’t need relationships or fortune, but effort and work.
In France, but also in Europe and in the world, not only a great sense of unease, but also a great concern have taken over people’s hearts. We must respond with clear ideas.

But there is one condition: to accept no form of violence. I do not accept, and do not have the right to accept pressure and insults, for example against the elected representatives of the people, I do not accept and do not have the right to accept attacks on the media, journalists, institutions and officials. If everyone attacks everyone, society unravels.

In order for hope to overcome fear, it is necessary and legitimate for us to explore together the great questions concerning our future.

That is why I proposed and I am launching today a great national debate that will run until March 15.
In recent weeks, many mayors have opened their town halls so that you can express your wills. I have had much feedback to consider. We are now entering a larger phase and you will be able to participate in debates near your home or express yourself on the internet to put forward your proposals and your ideas – in France, overseas territories and among French residents abroad. In villages, towns, neighbourhoods, on the initiative of mayors, elected officials, community leaders, or ordinary citizens … in parliamentary assemblies both regional and departmental.

Mayors will have an essential role because they are your elected representatives and therefore the legitimate intermediaries to give voice to the people.

For me, there are no questions off limits. We will not agree on everything, that’s to be expected, it’s democracy. But at least we will show that we are a people who are not afraid to speak, to exchange viewpoints, to debate.

And perhaps we will discover that we can agree, at least a majority of us, notwithstanding our political positions, more often than we think.

I have not forgotten that I was elected with a project, of which I remain faithful to its foundations. I am resolute in thinking that we must restore France’s prosperity so that it can afford to be generous because one goes with the other. I am resolute in thinking that the fight against unemployment must be our top priority and that employment is created first and foremost in companies, so we must give them the means to prosper. I am resolute in thinking that we need to rebuild a school of trust, a renewed social system to better protect the French and reduce the inequalities at their causes. I am resolute in thinking that the depletion of natural resources and climate change force us to rethink our development model. We must invent a new productive, social, educational, environmental and European project that is fairer and more effective. On these major axes, my determination is unchanged.

But I also think that out of this debate can come a clarification of our national and European project, new ways of looking at the future, new ideas.

I hope that the largest possible number of French people, the largest possible number of us, can participate in this debate.

This debate will have to answer key questions that have emerged in recent weeks. That is why, with the Government, we have chosen four major themes that cover many of the major issues of the nation: taxation and public spending; the organization of the state and public services; the ecological transformation; democracy and citizenship. On each of these themes, proposals, questions have already been expressed. I wish to frame some that do not close down the debate but seem to me at the heart of our questions.

The first topic deals with our taxes, our expenses and public action. Tax is at the heart of our national solidarity. It is what finances our public services. It pays teachers, firefighters, police, military, magistrates, nurses and all the public servants who work for you. It makes it possible to pay social benefits to the most vulnerable in society but also to finance major projects for the future, in our science, in our culture, or to maintain our infrastructure. It is also the tax that pays the interest on the very significant debt that our country has incurred over time.

But taxes, when they are too high, deprive our economy of resources that could be used constructively to invest in businesses, thereby creating jobs and growth. And it deprives workers of the wages of their work. We will not go back on the steps we have already taken to correct this to encourage investment and make work pay. They have recently been approved and are just beginning to deliver results. Parliament will evaluate them in a transparent way and with the necessary analysis. On the other hand, we must question whether we need to go further.

How can we make our tax system fairer and more efficient? Which taxes do you think should be lowered first?

We can not, in any case, pursue tax cuts without lowering the overall level of our public spending.
What are the savings that you think are priorities?

Should we remove some public services that are outdated or too expensive compared to what they deliver? Conversely, do you see new needs for public services and how could they be financed?

Our social model also needs to be questioned. Some consider it insufficient, others too expensive because of the contributions they are obliged to make. The effectiveness of training within employment services faces much criticism. The government has started to respond, after wide consultations, through a strategy for healthcare, to fight poverty, and to combat unemployment.

How can we better organize our social pact? Which objectives should be prioritized?

The second subject on which we must make decisions is the organisation of the State and public authorities. Public services have a cost, but they are vital: schools, the police, the army, hospitals and courts are essential to our social cohesion.

Are there too many administrative levels or levels of local government? Should we reinforce decentralisation and move power over decisions and actions closer to the citizens? At what levels and for which services?

How would you like the state to be organised and how can it improve its operation? Should we review the functioning of the administration and how?

How can the state and local authorities improve to better respond to the challenges of our most troubled territories and what do you propose?

The ecological transformation is the third theme, essential to our future. I am committed to the objectives of preserving biodiversity and combating global warming and air pollution. Today no one disputes the urgent need to act quickly. The longer we delay posing these questions, the more painful the changes will be.

Making the ecological transformation can reduce households’ spending on fuel, heating, waste management and transportation. But to succeed in this transformation, we must invest heavily and support our less well-off citizens.

National solidarity is essential so that all French citizens can achieve this.

How do we finance the ecological transformation: by income tax, by other taxes and who should be in the front line?

How do we make concrete solutions accessible to all, for example, to replace old heating systems or cars? What are the simplest and most financially sustainable solutions?

What are the solutions for moving, housing, heating, feeding that should be designed at the local rather than the national level? What concrete proposals would you make to accelerate our environmental transformation?

The issue of biodiversity is also an issue for us all.

How do we guarantee scientifically the choices we have to make in this regard? How can we share these decisions at the European and international level so that our national producers are not penalised in relation to foreign competitors?

Finally, it is clear that the period that our country is going through shows that we need to give empower democracy and citizenship. Being a citizen means helping to decide the future of the country by electing representatives at the local, national or European level. This system of representation is the bedrock of our Republic, but it must be improved because many do not feel represented after the votes.

Should absentions be recognised? Should we make voting compulsory?

What is the right level of proportional representation in parliamentary elections for a fairer say to be given to all political perspectives?

Should we, and how, limit the number of parliamentarians or other elected officials?

What role should our assemblies, including the Senate and the Economic, Social and Environmental Councils, play in representing our territories and civil society? Should we transform them and how?

In addition, a great democracy like France must be able to listen more often to the voice of its citizens.

What changes do you want to make citizen participation more active, democracy more participative?

Should unelected citizens, chosen at random, have greater and more direct involvement in public decision making?

Should we increase the use of referendums and who should decide on how and when?

Citizenship is also about living together.

Our country has always known how to welcome those who have fled wars, persecution and sought refuge on our soil: it is the duty of asylum, which can not be called into question. Our national community has also always been open to those who, born elsewhere, chose France in search of a better future: this is how it was built. However, this tradition is today shaken by tensions and doubts related to immigration and the failures of our integration system.

What do you propose to improve integration in our Nation? When it comes to immigration, once our asylum obligations are fulfilled, do you want us to be able to set annual targets set by Parliament? What do you propose to answer this challenge that will last?

The question of secularism is still subject to significant scrutiny in France. Secularism is the primary value that allows different beliefs, religious or philosophical, to live together in harmony and mutual understanding. It is synonymous with freedom because it allows everyone to live according to their choices.
How can we strengthen the principles of French secularism, in the relationship between the state and the religions of our country? How can we ensure everyone’s respect for the mutual understanding and intangible values of the Republic?

In the coming weeks, I invite you to debate to answer these questions which are crucial for the future of our nation. I also hope that you can, beyond these topics that I propose to you, bring up any concrete subject which you feel could improve your daily life.

This debate is an unprecedented initiative which I am determined to make count. This is neither an election nor a referendum. It is your personal expression, corresponding to your personal stories, your opinions, your priorities, which we need to hear, disregarding age or social status. It is, I believe, a great step forward for our Republic to consult its citizens in this way. To guarantee your freedom of speech, I want this consultation to be organized in complete independence, and be framed by all the guarantees of trust and transparency.

This is how I intend to transform, along with you, anger into solutions.
Your proposals will, therefore, make it possible to build a new contract for the Nation, to structure the action of the Government and the Parliament, but also the positions of France at the European and international level. I will report back to you directly during the month following the end of the debate.

Frenchmen and women, I hope that as many of you as possible can take part in this great debate in order to make a valuable contribution to the future of our country.

With trust,

Emmanuel MACRON